Géologie

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 27 octobre 2010
Divers - Géologie
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@ Guy HEDOUIN :

Merci pour votre sollicitude. Comme vous le voyez, j'arrive même à surmonter la solitude du coureur de fond. Et pas seulement le froid.

Je vous prie de m'excuser, je n'ai pas percuté tout de suite à la lecture de votre dernier message, il a fallu que je remonte dans le "Livre d'or". Mais maintenant, je me souviens très bien de votre visite et de vos paroles encourageantes.

J'ai étudié le site du B.R.G.M. que vous recommandez. Il permet de connaître les résultats de sondages en profondeur à proximité de la Chaslerie, notamment au Chatellier sur 85 m, ainsi que d'apprendre qu'il y a 125 ans environ, il y aurait eu des éboulements du côté du manoir voisin de la Foucherie (mais la fiabilité de cette dernière information paraît mise en doute par le B.R.G.M. lui-même).

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le vendredi 29 octobre 2010
Divers - Géologie
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Dans mes messages des 19 et 20 octobre derniers, j'ai cité les inscriptions quelque peu cabalistiques figurant sur la légende de la carte géologique au 1/50 000 du B.R.G.M.

Voici le mode d'emploi, tel que je l'ai trouvé dans l'"Initiation aux cartes et aux coupes géologiques" paru en 1999-2010 chez Dunod à "BRGM Editions", sous la signature de Denis SOREL et Pierre VERGELY :

Avec cette explication, la notation "o6-s1" (et non "O6-S1", comme je l'avais écrit) devient lumineuse, n'est-ce pas ?

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 16 janvier 2011
Divers - Géologie
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Je n'ai plus parlé utilement de géologie dans ce blog depuis la fin octobre. Certes, mes premières remarques ont encouragé Pascal à rechercher des lots de grès dans des bâtiments en ruine des environs et c'est déjà un beau résultat. Mais, poussé par mon intérêt pour cette science et aussi par mon besoin d'approvisionner mon chantier en pierres appropriées, je reprends ce soir la plume.

Je me suis récemment procuré le "Guide géologique Normandie Maine", paru chez Dunod (2ème édition en 2006) dans la collection des "guides géologiques régionaux" sous la signature de Francis Doré, Claude Pareyn, Claude Larsonneur, Michel Rioult et Pierre Juignet. Je me méfie un peu car je n'avais pas trouvé les écrits de Francis Doré toujours faciles à lire (je fais allusion à sa contribution à la notice explicative de la feuille 1515 de la "carte géologique de la France à 1/50 000" éditée par le B.R.G.M. que j'avais évoquée ici dans un message du 19 octobre dernier).

La première partie de cet ouvrage présente en 17 pages la "géologie régionale" en distinguant entre "le massif ancien" et "la couverture mésozoïque et cénozoïque". Elle permet donc de replacer nos premières observations dans un contexte plus large et bienvenu. Je vais l'étudier afin d'en rendre compte ici. Il faudra sans doute que j'apprenne au passage à me servir de mon nouveau "scanner" pour pouvoir mettre en ligne les cartes les plus instructives.

La seconde partie, nettement plus volumineuse, présente 13 "itinéraires" dont le 7ème, intitulé "De Saint-Lô à Fresnay-sur-Sarthe par la vallée de la Vire et l'axe Mortain - Bagnoles de l'Orne", nous intéresse plus particulièrement. Il y est en effet question, pages 111 et 112, du "site de Domfront" et, plus précisément, de la cluse de la Varenne entre Notre-Dame-sur l'Eau et le pont de Caen.

Prenons donc le temps d'essayer de comprendre...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 16 janvier 2011
Divers - Géologie
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L'"Art poétique" de Boileau regorge de belles formules comme :

Avant donc que d'écrire, apprenez à penser (Chant I)

Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement,
Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Chant I)

Hâtez-vous lentement, et sans perdre courage,
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage,
Polissez-le sans cesse, et le repolissez,
Ajoutez quelquefois, et souvent effacez. (Chant I)

Il n'est point de serpent ni de monstre odieux,
Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux,
D'un pinceau délicat l'artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable. (Chant III)

Soyez plutôt maçon, si c'est votre talent. (Chant IV)

Je dédie ces vers bien frappés à Francis Doré, professeur de géosciences à la faculté de Caen, en regrettant qu'il ne les ait pas médités davantage avant de commettre son "guide géologique Normandie Maine" que j'ai hélas promis ici d'étudier...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 22 janvier 2011
Divers - Géologie
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L'introduction du "guide géologique Normandie-Maine" de MM. DORE et autres est lisible, c'est pour moi une heureuse surprise :

Page 9 du "guide géologique Normandie-Maine" de Francis Doré et autres.

Page 10 du "guide géologique Normandie-Maine" de Francis Doré et autres.

Certes, il nous faut faire appel aux ressources de Google et de Wikipedia pour ne pas être débordés, mais on y arrive encore pour les mots sur lequels nous butons, eustatisme, transgressions et épirogenèse.

Le premier plan qui illustre cet ouvrage est plus complexe à déchiffrer. Pour tâcher de ne pas nous crever les yeux, je l'aggrandis autant que je peux ici (sans toutefois déborder de la page, ceci afin de ne pas en altérer le "design" si élaboré...) :

Carte géologique schématique de la Normandie et du Maine, page 9 du "guide géologique Normandie-Maine" de Francis Doré et autres.

On voit donc que Domfront (qui se trouve sur cette carte à la verticale du mot MANCHE, je dis cela pour ceux qui connaissent mal le secteur) est à la limite de roches du Briovérien et du Paléozoïque. On aperçoit la faille de l'Egrenne, qui passe à proximité de la Chaslerie.

En fait, on savait déjà tout ceci, au moins depuis mon dernier message du 20 octobre dernier sous cet onglet. Il faut donc poursuivre.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 22 janvier 2011
Divers - Géologie
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Entrons donc dans le corps de l'exposé sur la géologie régionale de M. Francis DORE et de ses collègues. Examinons ce qu'ils nous disent sur les origines du massif armoricain et cherchons toujours quels enseignements en tirer pour le Domfrontais et la Chaslerie.

"Guide géologique Normandie-Maine par Francis Doré et autres, extrait de la page 10.

Recherchons le sens des mots techniques dont la liste s'allonge : précambrien, radiométrie, protérozoïque, algonkien, cristallophyllien, pentévrien, briovérien, volcanites, plutons.

Comme vous le voyez, il va falloir bosser vraiment pour mériter notre nouveau savoir...

Pour vérifier qu'on a bien assimilé ces premières notions, on peut jeter un coup d'oeil à un autre exposé. On y découvre que la route est encore longue avant que l'on puisse se prétendre géologues amateurs. Mais ne désespérons pas, avançons progressivement !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 22 janvier 2011
Divers - Géologie
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Revenons à notre étude des roches du Massif Armoricain apparues lors du Précambrien. Nous avons vu qu'il y avait lieu de distinguer entre deux périodes, le Pentévrien et le Briovérien. Commençons par le Pentévrien. On nous a dit que ses roches étaient cristallophylliennes.

Sur le Pentévrien, le "guide géologique Normandie-Maine" nous donne les détails suivants :

Extrait de la page 10 du "guide géologique Normandie-Maine".

On voit donc que les roches affleurantes les plus vieilles de Normandie ont 2 100 000 000 ans environ, ce qui représente un peu moins que la moitié de l'âge de la Terre. Elles se trouvent au Nord du Cotentin, du côté de La Hague, mais aussi au Nord des îles anglo-normandes.

Dans l'extrait qui précède, on nous parle du Gondwana, de paragneiss et, plus généralement, de gneiss, paragneiss migmatitiques ou orthogneiss oeillés. On nous parle aussi d'amphibolites (pour comprendre ici, il faut s'accrocher), de schistes verts et de zircons.

Si vous en êtes d'accord, on va s'arrêter là pour ce soir. On a déjà beaucoup appris, même si nous n'avons pas encore abordé le Briovérien, c'est-à-dire l'époque où ont été formées les roches les plus anciennes de notre Domfrontais. En fait, on en est rendus en l'an - 650 000 ou à peu près, début de ce fameux Briovérien ; on n'en a donc pas encore fini avec le Protérozoïque (et vous savez dorénavant ce que ce mot veut dire, du moins si vous avez suivi...).

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 24 janvier 2011
Divers - Géologie
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Nous allons reprendre tranquillement notre exploration géologique.

A ce stade, le document le plus intéressant, à mon avis, sur lequel nous nous sommes penchés est la page que Wikipedia consacre au Précambrien. Il s'agit de la période qui va "de la formation de la Terre, il y a environ 4,560 milliards d'années, à l'émergence d'une abondante faune d'animaux à coquille rigide qui marque, il y a 542 Ma", l'entrée dans l'ère primaire.

Au sein du Précambrien, nous nous sommes, à ce stade, surtout intéressés au Protérozoïque, période qui va, si l'on peut dire, de l'an - 2 500 000 000 à l'an - 542 000 000.

Au sein du Protérozoïque, nous avons découvert le Pentévrien, qui couvre approximativement la période allant de l'an - 1 300 000 000 à l'an - 1 000 000 000. C'est de cette époque que datent des roches du Nord Cotentin, qui sont les plus vieilles roches affleurantes de Normandie.

Tout en restant dans le Précambrien, et même dans le Protérozoïque, nous allons poursuivre par un saut dans le temps vers le Briovérien, qui s'étend de l'an - 670 000 000 à la fin du Précambrien. C'est de cette époque que datent les plus vieilles roches affleurantes du Domfrontais, non loin de la Chaslerie.

On va ainsi être amenés à distinguer entre "Briovérien inférieur", "Briovérien moyen" et "Briovérien supérieur" et à introduire les notions que résume le tableau suivant, tiré du "guide géologique Normandie-Maine" de Francis DORE et autres :

Le Protérozoïque de Basse-Normandie, page 10 du "guide géologique Normandie-Maine".

Tout ceci mérite des éclaircissements, c'est le moins que l'on puisse dire. Procédons pas à pas et lisons donc la suite du guide :

Page 11 du "guide géologique Normandie-Maine3, 1er extrait.

On se rend compte ici que, pour la suite, il vaudrait mieux savoir ce que sont les schistes et les phyllades, le Vendien, des anticlinoriums, ou encore un faciès (en géologie). Retenons ici, et ce ne sera pas mal, l'idée d'un grand plissement dont la crête était orientée Sud-Ouest/Nord-Est mais passait assez loin au Nord du Domfrontais.

Passons rapidement sur le "Briovérien inférieur" et sur le "Briovérien moyen", qui ne nous concernent pas dans le Domfrontais :

2ème extrait de la page 11 du "guide géologique Normandie-Maine".

Ici, on peut sauter ce paragraphe et le suivant. Pour les très, très bons élèves, je donne néanmoins la clé des mots techniques relatifs au "Briovérien inférieur" : spilites, kératophyres, Montsurvent, andésites, pyroclastites, tholéiites, Saint-Germain-sur-Ay, le Mont Castre, le Val de Saire.

Et encore, cette fois à propos du "Briovérien moyen" : schistes sériciteux, phtanites, lande des Vardes, grès tuffacés, Rampan, Saint-Pair, calcaires oolithiques, la Meauffe. Ouf !

Bon, je vous sens épuisés. On fait donc une pause !

Et, si vous pensez que je vous transforme en chiens savants, dites-vous que Chaser a appris non moins de 1 022 mots différents : nous sommes encore loin du compte !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mardi 25 janvier 2011
Divers - Géologie
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Le "guide géologique Normandie-Maine" poursuit son exposé par l'énumération des types de roches dont l'origine date du "Briovérien supérieur" :

3ème extrait de la page 11 du "guide géologique Normandie-Maine".

Hélas, on ne peut pas dire que Francis DORE et ses collègues fassent beaucoup d'efforts pour rendre leurs écrits compréhensibles...

Ne nous laissons toutefois pas abattre et, même si c'est fastidieux, recourons une nouvelle fois à Google pour tenter de décrypter leur prose agaçante. Voyons donc ce que nous pouvons apprendre sur les mots qui coincent, en commençant par flysch, flysch turbiditique, diamictites, Cordillère constantienne (on essayera de localiser cette cordillère ultérieurement), tilloïdes, Granville, Montchaton, Orval, Quibou, Saint-Denis-le-Gast, Saint-Germain-d'Ectot.

J'adore ! Et, de temps en temps, je coupe le son...

Et je remets le son... Pont Landry, Parennes, Courmenant, basaltes, pillow-lavas, spilites (déjà croisés au début du paragraphe sur le "Briovérien inférieur"...), Vassy, tholéiites (déjà croisés, cf "Briovérien inférieur"), Montsurvent (même remarque).

On garde le moral (le travail, c'est la santé !) et on poursuit par une analyse des fossiles du Briovérien :

4ème extrait de la page 11 du "guide géologique Normandie-Maine.

Ici, nous bloquons (provisoirement, bien entendu) sur : acritarches, phtanites (déjà rencontrés à propos du "Briovérien moyen"), Planolites, édiacarien.

On n'en a toutefois pas fini avec l'exposé sur le Briovérien dans notre guide géologique favori. Après en avoir ainsi décrit statiquement les roches et les fossiles, on va en effet s'intéresser à son "évolution géodynamique". Ce sera l'objet d'un très prochain message, si vous le voulez bien.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le mercredi 26 janvier 2011
Divers - Géologie
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Avant de poursuivre avec l'étude de la géodynamique du Briovérien, revenons en arrière sur un schéma mis en ligne ici avant-hier mais pas encore commenté :

Schéma du Protérozoïque en Basse-Normandie, page 10 du "guide géologique Normandie Maine".

On voit d'abord que son titre, tel que choisi par Francis DORE et ses comparses, est mauvais. Ce devrait plutôt être "Le Protérozoïque en Basse-Normandie : relations entre les formations magmatiques, sédimentaires et l'orogenèse."

Ce tableau présente en effet, dans le sens de la hauteur, une échelle des temps et, dans le sens de la largeur, 4 colonnes, à savoir de gauche à droite :
- les formations magmatiques du Protérozoïque bas-normand,
- un schéma censé résumer le reste du tableau,
- les formations sédimentaires du Protérozoïque bas-normand,
- les noms des périodes géologiques du Protérozoïque.

La plupart des noms techniques expliqués dans mes récents messages sont replacés sur ce tableau, dans la colonne qui convient.

On remarque cependant :
- que l'échelle des temps du tableau est complètement distordue puisqu'on passe rapidement de l'an - 2 100 000 000 à l'an - 640 000 000 alors qu'on donne beaucoup plus de détails sur la période - 640 000 000 / - 540 000 000 ;
- que, pour les roches sédimentaires, il y énormément de blancs dans le tableau, de sorte qu'on peut s'interroger sur la représentativité des roches sédimentaires exhibées, à moins que l'on doive imaginer que le dépôt de sédiments n'ait été qu'intermittent car lié à des périodes d'immersion ;
- que sont citées et placées sur l'échelle des temps les trois phases de plissement des roches sédimentaires qui ont abouti à l'apparition successive de la chaîne icartienne, de la cordillère constantinienne et de la chaîne cadomienne.

Je terminerai ce message par l'explication des mots nouveaux icartien et cadomien (sur ces derniers sujets, le texte fourni me semble très clair ; je le recommande vivement car il nous change agréablement du magma doréen habituel ; accessoirement, il est enfin démontré grâce à Jean-Pierre ANDRE que, même en géosciences, il y a des auteurs qui savent rédiger : à marquer d'une pierre blanche ! ).