Archives, histoire

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 7 mai 2011
Divers - Archives, histoire - Bâtiment
0
Dans l'ouvrage "Le tirage des cheminées à feu ouvert" par J.L. LOUVIERE, paru chez Massin, je trouve cette coupe d'une cheminée dont le foyer fait 1,50 m de haut, et qui pourrait constituer le schéma de la chicane dont m'a parlé Roland BOUSSIN :

Coupe d'une cheminée dont le foyer a 1,50 m de haut.

Or, à la Chaslerie, tous les conduits de cheminée sont à peu près verticaux et aucun ne comporte ce genre de chicane. Il est vrai que les seules cheminées que j'y aie vu fonctionner, celle de la salle à manger du logis et celle de la ferme, tirent très mal. A la ferme, toutes les photos de la poutre au plafond du futur petit salon mises ici en ligne montrent d'ailleurs que cette poutre est noire de suie, comme l'étaient les solives démontées. Dans le logis, j'attribuais ce mauvais fonctionnement à un bidouillage supplémentaire du génie des Carpates mancelles, le cher tonton de notre comique troupier, qui, dans le souci d'implanter la cheminée de Mebzon au 1er étage, avait divisé le conduit en deux, en utilisant des matériaux de mauvaise qualité dont chaque hiver ramène au sol des brouettées...

Donc problème : pourrons-nous nous contenter des bouches d'air de Pascal ou bien faudra-t-il rebâtir le conduit en arrière de l'actuel, quitte à oublier le déflecteur à 15° ?

A dire vrai, je militerais volontiers pour la reconstruction du conduit car cela me garantirait son étanchéïté, ce qui est loin d'être le cas actuellement. Resterait alors à voir comment traiter la question de l'étranglement de 20 cm en haut de l'avaloir.

Il faudra regarder ces questions de près, en considérant le schéma précédent comme un optimum et en nous interrogeant, sur le papier, sur la circulation des différents courants d'air que nous tâcherons d'organiser.

Guy HEDOUIN
rédigé le samedi 7 mai 2011
Divers - Archives, histoire - Bâtiment
0
Bonjour,

Avec votre cheminée, vous voilà parti dans un vaste problème où j'imagine que votre connaissance parfaite des coniques va sûrement vous aider.

Tout d'abord ma réflexion par l'observation, toutes les cheminées de ma région, qu'elles soient modestes ou de manoir, avaient un conduit droit. En des temps reculés, le problème de tirage ne se posait pas, car même en hiver, bien souvent la porte était ouverte. Et si la porte était fermée, dans le haut jour, il y avait le viquet que l'on pouvait ouvrir.

Lorsque j'ai réhabilité la cheminée de ma salle à manger, j'ai prévu deux prises d'air extérieur ; elles sont absolument inefficaces. Voici ce que je constate lorsque je fais du feu, les gaz chauds s'élèvent contre la paroi du mur de la cheminée ; arrivés vers le haut, ils se refroidissent et redescendent à l'opposé. Selon la pression qu'il y a dans la pièce, bien souvent la fumée ressort sous le manteau. Dans ce cas si j'ouvre la porte, la pression maintient cette fumée bien plus haut.

Toutes ces théories sont bien jolies, mais là, chaque cas est particulier. La hauteur de la cheminée, la section du conduit, le volume d'air de la pièce, les vents dominants et j'en oublie sûrement, sont des paramètres à prendre en compte et l'âge de capitaine....

Prenez le temps de la réflexion.

Bonne journée !

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 7 mai 2011
Archives, histoire - Bâtiment - Liens divers, documentation
0
Marc CHALUFOUR est vice-président pour l'Orne de l'association "Maisons paysannes de France". A ce titre, il a organisé chez lui, aujourd'hui, un stage d'initiation à la restauration des torchis auquel j'ai participé.

Cela se passait à Chênedouit, à la demi-acre :

7 mai 2011, le logis de la demi-acre à Chênedouit.

7 mai 2011, le puits de la demi-acre à Chênedouit. Il est daté de 1818.

Marc restaure cette propriété qui en avait bien besoin, comme l'illustre cette dépendance où il n'est pas encore intervenu :

7 mai 2011, une dépendance de la demi-acre avant restauration par Marc CHALUFOUR.

Voici le local sur lequel nous avons travaillé aujourd'hui, à savoir une seconde dépendance, en cours de restauration et destinée à servir de logement d'amis :

7 mai 2011, la dépendance en cours de restauration à la demi-acre.

L'objectif était de remettre du torchis entre les colombes, ainsi que Marc l'a déjà fait, il y a 3 ans, sur une troisième dépendance à usage de débarras :

7 mai 2011, la dépendance de la demi-acre dont la façade Ouest (à droite sur la photo) a été restaurée il y a trois ans.

Observons au passage, sur cette dernière dépendance, en haut du mur de droite, deux entrées pour des pigeons. Voici l'une de ces entrées vue de l'intérieur de cette dépendance ; on peut remarquer qu'elle se prolonge d'un perchoir : Marc a donc pensé à tout !

7 mai 2011, l'intérieur de la dépendance dont le torchis a déjà été restauré, à la demi-acre de Chênedouit.

Osons l'écrire : c'est à de tels détails qu'on apprécie la grandeur d'une civilisation !

Observons également que le torchis recouvre ici la plupart des colombes (toutes sauf l'ossature principale) et ceci aussi bien intérieurement qu'extérieurement (à la Chaslerie, les deux dépendances en torchis ne seront pas du même type puisque les colombes secondaires y resteront visibles de l'extérieur).

A ce stade de mes explications, il va vous falloir travailler un peu. Je vous propose en effet de lire le témoignage suivant, publié dans "La terre crue en Basse-Normandie" par le "Centre régional de culture ethnologique et technique" :

Page 44 de l'ouvrage en question.

Après cette lecture, vous savez désormais ce qu'on appelle un "gazon" ou bien un "biaqueur". Je peux donc poursuivre...

Voici précisément le chantier tel que nous l'avons trouvé ce matin. Marc et son assistant Gaëtan avaient disposé un lattis de part et d'autre des colombes et les chassis des fenêtres étaient en place...

7 mai 2011, le terrain d'exercice...

La boue nous attendait dans une baignoire...

7 mai 2011, prête pour Marat ?

... Il s'agissait donc, pour commencer, de la mélanger à de la paille sèche pour former les fameux gazons. Pour ce faire, Marc nous a enseigné deux techniques : aux mains...

7 mai 2011, la confection des gazons à la main.

... ou aux pieds :

7 mai 2011, un élève très appliqué...

Il fallait ensuite biaquer les gazons sur le lattis...

7 mai 2011, le biaquage.

... avant de les talocher...

7 mai 2011, Gaëtan maniant la taloche.

... puis de les retalocher.

Bien sûr, nous avons interrompu ce labeur à l'heure du déjeuner car Marc nous avait préparé un festin bio à base d'un succulent cochon. J'avais apporté, pour le le dessert, des glaces de la ferme BIDARD de Lonlay-l'Abbaye. Tout le monde s'est régalé mais j'avoue avoir éprouvé les plus grandes difficultés à me remettre au travail en début d'après-midi : l'heure de ma sieste avait sonné...
Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 17 octobre 2011
Divers - Archives, histoire
0
La généalogie m'a toujours laissé dubitatif.

En effet, si nous pouvons, en première analyse, avoir eu plus de 200 millions d'ancêtres contemporains sous Saint Louis, le nombre de nos ancêtres contemporains quatre siècles plus tôt est 2^16 (2 puissance 16), soit plus de 65 000 fois plus élevé, ce qui correspondrait à beaucoup plus que 10 000 milliards d'individus.

Autre façon de dire les choses : comme tout un chacun, j'ai, je crois, 5 litres de sang dans le corps. Or, la part qui me vient de ces aïeux-ci est de quelque chose comme 5 fois 10^(-13) litres de sang, ou, si l'on préfère, moins qu'un cube de 10 microns de côté.

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le dimanche 30 octobre 2011
Divers - Archives, histoire
0
Marie-Françoise LAURENSOU m'indique avoir retrouvé l'identité de 1 300 de mes ancêtres. A première vue, cela semble impressionnant et je lui suis très reconnaissant de ses découvertes. Je réfléchis cependant à ces questions de généalogie. Je le fais à ma façon, c'est-à-dire sans exclure l'originalité ni, encore moins, la provocation...

Pour apprécier le sujet, je vous propose ainsi un petit exercice pratique de mon cru : sachant que, sans instrument, l'oeil distingue, au mieux, des détails de l'ordre de 0,1 mm à une distance de 25 cm, je vous demande quel doit être le rayon d'un cercle autour duquel seraient disposés les noms de vos ancêtres d'une époque donnée pour que vous arriviez à en percevoir la trace sur une telle représentation.

Vous appliquerez la formule ainsi trouvée à vos ancêtres de l'an 850 et commenterez le résultat.

Je donnerai demain ma solution à ce problème. Je pense que vous ne vous attendez sûrement pas à ce à quoi j'aboutis...

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le lundi 31 octobre 2011
Divers - Archives, histoire
0
"Time is up !" Je vous donne donc la solution de mon petit problème de généalogie.

Commençons par bien nous mettre d'accord sur les hypothèses :

- on suppose qu'il y a 4 générations par siècle, c'est-à-dire une tous les 25 ans ; tout le monde acceptera facilement cette simplification, je l'espère ;
- on suppose qu'il n'y a aucune consanguinité parmi nos ancêtres ; ceci est une hypothèse manifestement archi-fausse pour tout le monde (sinon, le nombre de nos ancêtres d'une époque pas très lointaine dépasserait vite le nombre de terriens de cette même époque - vous pouvez vous amuser à calculer au bout de combien de générations il en va nécessairement ainsi -) ;
- on néglige tous les phénomènes de bâtardise, comme si tous nos ancêtres avaient été très sages ; ceci est une hypothèse sans aucune importance pour notre calcul car, bâtard ou pas, chaque enfant a deux parents.

Sur ces bases, le nombre des ancêtres d'une même génération et contemporains d'une date correspondant à n fois 25 ans avant notre naissance s'élève à 2^n (2 puissance n). Notons que ce chiffre monte très vite : ainsi, entre l'an 852 et l'an 1952 de ma naissance, il y aurait eu 44 générations (ce qui, sur le papier, ne paraît pas considérable), ce qui correspond à 2^44 ancêtres contemporains de l'an 850, soit, calcul fait, la bagatelle de 17 592 186 044 416 contemporains d'Henri 1er l'oiseleur. J'ai bien écrit 17 000 milliards ! C'est énorme et cela montre d'abord que, sur 11 siècles, il y a nécessairement eu de très nombreuses consanguinités pour tout un chacun !

Maintenant, passons à mon petit calcul idiot basé sur le pouvoir de séparation de l'oeil humain. J'ai dit, dans l'énoncé, que ceci correspond à un dixième de millimètre à une distance de 25 cm. Considérons que cette approximation est exacte (en réalité, d'après Wikipedia, la bonne valeur serait plutôt de 0,017°, soit 360°/21 176). Autrement dit, autour d'un cercle de 25 cm de rayon, on arriverait, selon mon hypothèse, à caser (2 x 3,14159 x 25)/0,01 = 15 707 ancêtres contemporains. Ou encore un tel cercle serait saturé avant même la 14ème génération, soit à peine en 3 siècles et demi. Ou, si l'on préfère, chacun d'entre nous aurait 16 384 ancêtres contemporains de la construction de la Chaslerie. 16 384, ce n'est pas rien : imaginez que vous deviez les inviter chez vous, tous ensemble, pour un pot de retrouvailles, ça en ferait des bouteilles de champ !

Et, pour bien faire, il faudrait doubler le rayon du cercle en question pour chaque génération antérieure...

Donc, pour "caser" nos ancêtres contemporains de l'an 850, le cercle devrait avoir une circonférence de 17 592 186 044 416 fois 0,1 millimètres, soit 1 759 218 kilomètres, ce qui correspond à un rayon de... 279 988 kilomètres.

Autrement dit, pour asseoir autour d'une table ronde tous nos ancêtres contemporains de l'illustre Henri 1er l'oiseleur et de sa sainte épouse, il faudrait que cette table ait la taille de l'orbite de la Lune autour de la Terre, ceci dans l'hypothèse invraisemblable où chacun ne disposerait que d'un dixième de millimètre pour loger ses guiboles : pire que des sardines !

Je suis bien entendu très heureux que Marie-Françoise ait retrouvé la trace de cet illustre empereur dans mon ascendance. Mais le bonhomme en question est bien peu de choses assurément sous ma binoculaire focalisée à une distance de 11 siècles seulement. Et je ne vous dis pas ce que j'observe de la même façon si je règle l'instrument sur l'époque des gallo-romains que mon experte préférée a réussi à exhumer sous mon arbre. A ce stade, ayons, si vous le voulez bien, une pensée pour nos ancêtres qui ont quitté l'Afrique pour coloniser l'Europe, il y a quelque chose comme 40 000 ans seulement, de mémoire...

En résumé, j'aime beaucoup la généalogie et j'admire le travail et la patience de ceux qui, comme Marie-Françoise, vont "au charbon" pour remonter le temps. Mais, en sale gosse que je demeure envers et contre tout, je ne peux m'empêcher de relativiser énormément. Et ceci, bien entendu, sans même avoir besoin de faire davantage allusion à ma petite Julietotte chérie de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn)...

J'attends les commentaires à mes propos décapants ainsi justifiés !

Dominique LEMAIRE
rédigé le samedi 5 novembre 2011
Divers - Archives, histoire
0
Cher Pierre-Paul,

Nous avons lu tes réflexions généalogiques avec dÂ’'autant plus d'Â’intérêt qu'Â’il y a un an, un cousin de la famille de Maryvonne lui a envoyé une généalogie la faisant remonter aux empereurs romains en passant par Hugues Capet, Charlemagne, et Clovis !
Ce document du cousin a piqué notre curiosité, et nous avons cherché à creuser la question. Mais cette curiosité nous a conduits rapidement au désenchantement, sauf sur un point : il est probable que Maryvonne descend dÂ’un Julien Brouart et de son épouse Gillette de Coatanezre, fille noble du début du 17ème siècle à Quimper.

Pour le passé plus lointain, je te livre nos conclusions (provisoires) assez critiques.

Certes, les calculs mathématiques prouvent que les mariages consanguins ont été fort nombreux, et il y a des chances que nous soyons tous plus ou moins apparentés, s'Â’agissant du moins des humains qui ont vécu dans un espace commun.
L'‘Eglise interdisait les mariages entre cousins proches, mais il était possible de passer outre avec son autorisation dûment tarifée (pour les cousins germains, cÂ’'était tout de même difficile et coûteux, je crois me souvenir quÂ’il fallait faire la demande à Rome).

Cela dit, les considérations mathématiques ne prouvent pas que nous descendons de Clovis, de Charlemagne et de Hugues Capet.

DÂ’abord, gardons à lÂ’esprit que, selon les historiens, Charlemagne ne descend pas de Clovis, et Hugues Capet ne descend pas de Charlemagne !

Il me semble aussi que des scientifiques ont démontré que la population actuelle provient d'Â’un pourcentage relativement faible de la population du Moyen Age, et rien ne dit que des familles issues de Charlemagne faisaient partie de ce pourcentage.
Outre les déperditions ordinaires des filiations, il y a eu le goulot d'étranglement démographique des pestes qui ont tué de 1347 à 1450 une grande partie de la population européenne, peut-être la moitié en France.

Quant aux survivants dont nous sommes issus, on peut émettre l'Â’hypothèse qu'Â’il sÂ’'agissait, non pas de nobles à la postérité incertaine, mais de roturiers, de laboureurs (voir La Fontaine), principalement de familles assez aisées où des enfants nombreux étaient convenablement nourris (les pauvres avaient du mal à survivre et à se perpétuer), où la mère s'Â’occupait directement de sa progéniture (on sait que les enfants mis en nourrice étaient exposés à un risque important de mortalité), où le père connaissait le prix du travail et de la cohésion familiale, et où se transmettaient des valeurs que depuis l'Â’antiquité on a considérées comme les principales vertus proprement humaines devenues « cardinales »: courage, sens de la justice, prudence, tempérance (ceux qui pratiquaient ces vertus pouvaient compter sur le soutien actif de leur communauté).

En entrant davantage dans le détail, il faut distinguer deux sortes de descendance : dÂ’'une part, la descendance génétique, dÂ’'autre part la descendance généalogique. Cette seconde notion se fonde sur des critères très différents reposant sur:
- La règle selon laquelle « is pater est quem justae nuptiae demonstrant » (le père est celui que de justes noces désignent comme tel) ;
- La preuve du lien de parenté, condition essentielle : cette preuve est apportée à partir du 17ème siècle par les registres paroissiaux, et pour la période antérieure par divers documents, dans la mesure où l'Â’on peut les considérer comme authentiques (notariés et autres), exigence rarement remplie pour le passé antérieur au 16ème siècle;
- La filiation noble de père en fils (étant précisé que lÂ’'enfant d'Â’un roturier et d'Â’une noble n'Â’était pas noble), avec des variantes, car, dans les pays germaniques, la pure noblesse exigeait une ascendance noble des deux côtés paternel et maternel, particularité dont s'Â’est moqué Voltaire dans Candide.

Tout cela pour dire que la noblesse et la généalogie étaient des constructions juridiques dont on s'Â’éloigne beaucoup de nos jours en privilégiant l'Â’aspect génétique, ou encore se passant de filiation masculineÂ…
Ajoutons une remarque, décourageante ou lucide selon le point de vue: il suffit dÂ’un petit détail dans une lignée, un petit maillon déficient, une information fausse ou impossible à prouver, pour que toute la lignée s'Â’effondre.

Pour revenir à Clovis, lÂ’'évêque Grégoire de Tours qui a vécu au 6ème siècle de notre ère, auteur d'Â’une très sérieuse histoire des Francs, reconnaît explicitement qu'Â’il a cherché en vain les ascendants des rois francs, malgré la commande qui lui avait été passée en ce sens, et malgré tout le désir qu'Â’il avait de découvrir cette ascendance.

Et comment se ferait-il que l'Â’on puisse dire que l'Â’on descend de Charlemagne, alors que même Louis XIV ne descendait pas de lui, malgré tous les efforts faits pour rattacher les Capétiens et les Bourbons aux dynasties antérieures ?

La question trouve rapidement sa réponse lorsquÂ’'on regarde de quelle manière la profession de généalogiste a fonctionné de manière plus ou moins honnête sous l'Â’Ancien Régime. De nombreux aspirants à la noblesse ont essayé de se faire faire des généalogies flatteuses, mais aussi de nombreux nobles avérés qui souhaitaient se donner des ancêtres plus illustres et plus anciens. Ces fausses généalogies ont ensuite reçu la patine du temps, comme ces objets fabriqués auxquels les faussaires encore aujourd'Â’hui parviennent à donner un aspect ancien.

Sous l'Â’Ancien Régime, les lecteurs de ces documents comprenaient sans doute mieux que nous de quoi il retournait, quand, par exemple, le rattachement à un ancêtre illustre se faisait par les femmes, ce que l'Â’on constate dans de nombreuses filiations de ce genre. A lÂ’'époque, l'Â’invention était en quelque sorte signée de cette manière. On peut même penser que le généalogiste avait tout intérêt à laisser dans son œÂœuvre des signes de fausseté pour éviter dÂ’'encourir les foudres du pouvoir.

A partir du 16ème siècle et surtout du 17ème siècle avec Louis XIV et Colbert, la royauté a imposé son ordre, en faisant intervenir les parlements et les intendants pour évincer tous ceux qui essayaient d'Â’entrer dans la noblesse sans en fournir les preuves dûment examinées et officiellement reconnues par ces autorités. L'Â’enjeu était loin dÂ’'être seulement honorifique, parce que lÂ’'accession incontrôlée à la noblesse multipliait les privilèges coûteux pour lÂ’Etat, et que lÂ’'anoblissement contrôlé était source de revenus pour le Trésor public.

Voilà les remarques que nous ont inspirées les recherches sur internet du cousin de Maryvonne, et que je livre à ta sagacité, en espérant même en réponse des arguments contraires, et en reconnaissant par ailleurs volontiers avec toi que la fiction et la rêverie généalogiques peuvent être sujets d'Â’humour et de plaisir.

Amitiés

Pierre-Paul FOURCADE
rédigé le samedi 5 novembre 2011
Divers - Archives, histoire
0
@ Dominique LEMAIRE :

Ton point de vue est évidemment très intéressant mais il ne me semble pas régler la question aussi bien que ne le feraient des tests d'A.D.N.

Je pense que les progrès combinés et très rapides de l'informatique et de la génétique pourraient permettre, dans un proche avenir, de constituer des bases de données solides (du genre de ce que font les Mormons quand ils baptisent des macchabées). A moins que les experts ès-politiquement correct n'entravent de tels travaux, ce qui me paraitrait plus que probable.

Il est vrai que découvrir, après coup (si l'on peut dire), que les Vikings n'étaient pas les seuls à mériter d'arborer des cornes pourrait poser quelques problèmes, dont les psychologiques ne seraient peut-être pas les plus complexes. Tout le droit des successions en serait chamboulé, donc le droit de propriété, et ce n'est pas rien, "of course".

C'est pourquoi j'ai toujours considéré que les sociétés fondées sur le matriarcat étaient beaucoup plus rationnelles. Ce principe a d'ailleurs été notoirement retenu par un "peuple dominateur et sûr de lui", ce choix et ce constat étant sans doute liés. Pour autant, ce choix est-il le plus raisonnable ? Je ne le crois pas, le "sfumato" étant à mes yeux un des sommets de l'art.

Ceci étant, je serais très désireux de disposer de plus d'informations sur le sujet que tu soulèves quand tu écris qu' "Il (te) semble aussi que des scientifiques ont démontré que la population actuelle provient dÂ’un pourcentage relativement faible de la population du Moyen Age". C'est en effet là, à l'évidence, un point important de la critique de la généalogie.

En attendant, n'hésite pas à me donner un coup de main, à l'occasion, par exemple pour essayer de retrouver dans mon ascendance le sceau de Salomon ! On ne sait jamais...

A très bientôt, amitiés !

P.S. : Le nom de l'ancêtre de Maryvonne ne serait-il pas plutôt Coëtanezre ?